

Le troisième jour commence et le rituel veut que nous allions recevoir à 8h00 l’ordre du jour, donc l’heure et le lieu du RDV pour continuer la quête vers la première manche du Championnat. La tâche de l’organisation est lourde, car il faut scruter les sites météo reconnues pour leurs fiabilités, rajouter la connaissance locale et envoyer les officiels et les pilotes au bon endroit et au bon moment. Le bulletin nous demande d’être à Comillas bien à l’ouest du QG vers 13h00.
Mais bien évidemment, notre équipe connais les sites météo fiable et décide d’aller assez tôt d’abord à l’autre site de Punta Ballota, car il y avait une lueur d’espoir d’y voler un peu, avant que le vent change de direction. Nous avons vu juste et nous ferons qqs vols sympas à partir de 9h00, avec des réglages un peu modifiés, résultants des échanges entre équipiers la veille. Vers 11h00, le vent a trop tourné, comme prévu, et nous plions nos affaires pour se rendre une fois de plus tôt au site, annoncé par l’organisateur, mais avec quelques bases dans les doigts.
Arrivé sur place, pas de vent exploitable ou tout simplement pas de vent du tout…Nous installons notre campement, tarp, Sporbrella, table et chaise et nous passent à table. Une fois mangé, une longue attente sans la moindre brise de vent nous attend, ça devient chaud pour la météo et l’organisateur, car le bilant fait craindre le pire : avec la troisième journée entamée et toujours pas de manche au compteur.
Vient le miracle de Comillas. Vers 17h00, et un ciel chargé, c’est le moment traditionnel pour plier la pente, mais des bourrasques font envoler les housses des planeurs, les petites tentes et chaise. Signe précurseur de l’arrivé du vent, toujours conforme aux prévisions, mais tard….L’organisateur réagit illico, organise un petit briefing et démarre la première manche au chapeau de roue.
Je suis le douzième pilote à voler, donc en début de la manche. C’est assez détestable, car peu de repère pour les trajectoires efficace et le ballaste approprier. Mais avec une équipe expérimentée, pas de problème et les collègues me conseillent fortement de charger du lourd avec ce vent soutenu. Je les écoute et je charge 1,6kg dans mon Pike 2. Cela se traduit en 3,9kg au moment du lancer. Le planeur est allaise, j’exécute le pompage comme prévu avec 3 mouvements avant de quitter le circuit pour la dernière prise d’altitude pour atteindre plus que 100m avant de me lancer sur la course. J’arrive avec une vitesse très élevée et avec une trajectoire très coulé selon la technique d’EM (Energy Management), je réalise un chrono surprenant de 34sec. Une rentrée dans la matière de rêve et des points précieuses pour l’équipe.
Vient ensuite le vol de notre junior, Antoine Darries dans des conditions faiblissantes… Evidemment moins expérimentés, mais sans faire des erreurs, il réalise un chrono de 49sec, redoutable à ce moment de la compétition. Pierre Rondel vol juste après, mais des conditions ne permettent pas de faire mieux que 39sec. Cela reste toujours plus rapide par rapport à nos adversaires directes pour une place sur le podium par équipe. Et maintenant commence la dure période d’attente jusqu’à ce que ça sera le tour à Jean-Bastien Deguelle qui doit voler dans du très très light, oscillant autour de 3m/s, la limite légale pour pratiquer du F3F. La tension est à son comble et avec son nouveau planeur l’Odin de Rollin Composite, un pur produit français, il réalise un vol parfait pour sortir un 57sec, toujours plus rapide par rapport aux adversaires qui sont également contraint de voler sur ces conditions minimales en fin de manche.
La manche finira 3 pilotes plus tard et malgré cette injustice entre un vent fort au début de la manche et un vent plus que faiblard à la fin, la manche a quand même pu être fini selon le règlement.
Cette première manche n’a pas favorisé certains aspirants aux podiums, mais n’a pas renversé les prédictions. Les Autrichiens vont truster les marches des podiums à coup sûr, les Espagnols, Américains, Norvégiens, les Suisses et la France vont se battre pour les places 2 et 3 par équipes.
La journée finie avec une soirée conviviale à l’hommage d’Espen TORP (NOR), grand concurrent et fondateur du F3F qui nous a quitté bien trop tôt en début de l’année. Il était un moteur du F3F et du F3B, a organisé des concours, participé et gagné un grand nombre de concours et était parmi les premiers à mettre la sécurité en premier plan.
Andreas Fricke
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